Rechercher

dans

Maria BONOMI. [° Meina (I) 1935]

Tetraz

Xylographie sur papier artisanal du Népal.  -  Cet exemplaire (V/B 3/5) a été offert par l’artiste au Centre de la Gravure en 2008.  -  Numéro d’inventaire : OE 5902  -  Dimensions du papier : 150 x 300 cm  -  Dimensions de l’impression : 80 x 300 cm


 

 

Un mois, une estampe: November 2011

Maria Bonomi est née en 1935 à Meina, près de Milan. En 1946, sa famille quitte l’Italie pour le Brésil et s’installe à São Paulo. Elle y suit une formation en peinture avec Yolando Mohaíyi et Karl Platter tandis que la gravure sur bois lui sera enseignée en 1954 par Livio Abramo. En 1957, à New York, lors de son passage à la Columbia University, elle découvre la vigueur de l’expressionnisme abstrait alors en plein essor. Son travail y gagnera en force et liberté d’expression. De retour au Brésil elle fréquente l’atelier de gravure sur métal de Johny Friedlander, installé au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, et fonde avec Livio Abramo l’ Estúdio Gravura à São Paulo. Les activités de cet atelier cessent en 1964 au moment où le Brésil entre dans une période politique difficile. Le pays sera gouverné par une dictature militaire jusqu’en 1985. Les gravures de Maria Bonomi acquièrent durant cette époque une teneur dramatique intense. A partir de 1970, elle pratique la sculpture, travaille le bois, le béton, réalise davantage d’ oeuvres monumentales et s’intéresse de plus en plus à l’art public. La découverte de l’art chinois et asiatique en général, la défense de l’environnement, l’intérêt pour l’architecture moderne et ses applications sociales vont déterminer le développement de sa carrière. En 1999, elle soutient une thèse de doctorat intitulée Art Public = système expressif de l’antériorité à l’Ecole de Communication et d’Arts de l’Université de São Paulo.

L’estampe monumentale Tetraz faisait partie d’une installation présentée durant l’exposition du même nom en août et septembre 2003 au Centro Brasileiro Britânico,  à São Paulo. Le thème de cette manifestation politiquement engagée dénonçait la dégradation universelle de l’environnement. Le choix du titre est fortement symbolique, le tétras étant une espèce de coq sauvage des régions montagneuses dont la survie est mondialement menacée.

« Il n’existe pas, par ailleurs, de personnalité plus hostile aux conventions, plus distante du formalisme, plus contraire à la consécration que Maria Bonomi.  Eternelle adolescente à l’énergie et à la créativité inépuisable, elle se réinvente en permanence, en produisant une œuvre en constante migration, dont le panorama s’étend de son vécu dans des métropoles comme São Paulo et New York à ses expériences au contact de la culture chinoise et de la nature amazonienne. Son seul engagement s’inscrit dans l’expérimentation comme éthique du monde ».             Marcelo Mattos Araujo, São Paulo, 2008