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22.01.2005 → 17.04.2005

Intra-muros

Les images de la musique

Partitions musicales 1820-1920

160 partitions étaient exposées afin de nous faire découvrir les courants artistiques de 1820 à 1920.

Trois petites notes de musique… et une petite lithographie. C’est ainsi que le véritable mariage amoureux de la musique et de l’image commence… vers 1820. Il a fallu en effet l’invention et le perfectionnement de la lithographie pour qu’on puisse publier rapidement et à bon marché des images originales. Très vite, les feuilles de musique, particulièrement austères jusque‑là, profitent de l’innovation. Des artistes se font lithographes, imprimeurs et même éditeurs de musique. Des partitions illustrées jaillissent de leurs boutiques par dizaines, par centaines puis par milliers.

Pendant un siècle, l’illustration musicale suit toutes les modes. Romantique d’abord avec les Frères Williaume à Bruxelles, Hyppolite Lecomte à Paris ou John Watson aux États‑Unis, elle deviendra éblouissante à la fin du XIXe siècle avec l’explosion de l’art nouveau. Pendant trois décennies, entre 1880 et 1914, un nombre incroyable d’artistes majeurs vont enrichir les partitions de gravures superbes, faites pour séduire les chalands. Jules Chéret, Georges Auriol, Toulouse-Lautrec, Eugène Grasset, Théophile-Alexandre Steinlen, Walter Crane sont de ceux‑là. Nouveauté, la chanson sociale fait une percée à la fin du XIXe siècle. Un éditeur carolorégien en fait même sa spécialité.

L’aventure se poursuit après la première guerre mondiale avec de nouvelles générations. En Belgique, René Magritte illustre plus de 60 partitions. Il fait des émules, comme Peter de Greef. En France, Picasso, Dufy, de Valerio ou Vertes multiplient aussi les illustrations musicales. Dès 1930, toutefois, il y a comme un essoufflement. L’inventivité créatrice – et parfois révolutionnaire – est étouffée par les exigences commerciales. L’aventure touche à sa fin. Elle a duré un siècle.