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Lois Weinberger

Autriche, 1947-2020

Depuis le début des années 70, Lois Weinberger, qui se considérait littéralement comme un homme de terrain, entreprend un travail poétique et politique interrogeant notre environnement direct, qu’il soit naturel ou refaçonné par l’homme. Ardent défenseur de la liberté et de la spontanéité de l’élément naturel, l’artiste met en lumière les zones où la nature arrive à s’exprimer de façon fût‑ce marginale, en questionnant par là même la hiérarchie implicite qui sous‑tend notre ordre social. Il s’intéresse en particulier aux plantes rudérales, ces mauvaises herbes qui deviennent l’une des principales sources d’inspiration de son travail. Elles se déploient dans une multitude de notes, dessins, photographies, objets, textes, films et d’importantes installations dans l’espace public. Parmi celles‑ci, Wild Cube (1991‑92); une cage en acier qui emprisonne une végétation spontanée qui croît sans intervention humaine, est une magistrale illustration de la puissance symbolique d’une nature libérée de l’homme, non sans une référence implicite et grinçante au topos du White Cube. Dans le même temps, Lois Weinberger développe tout un travail de déracinement et de migrations croisées d’espèces de plantes issues de contextes urbains et ruraux. C’est ainsi que pour Dokumenta X, il planta des plantes néophytes issues du Sud‑Est de l’Europe sur 100 mètres de voie ferrée, en guise de métaphore, à la fois éminemment politique et poétique, des processus migratoires qui bousculent nos sociétés. Sa contribution sera acclamée par la critique internationale.

Green Man (2004) est un autoportrait où il se représente le visage badigeonné de pigment vert et la narine comme transpercée d’un piercing de pétale de rose. Reprenant les topoï et archétypes des déités antiques liées à la végétation comme des représentations rousseauistes du Bon Sauvage, la composition résonne comme une invitation pressante à retrouver un rapport et une écoute directs et simples à la nature comme solutions possibles aux impasses vers lesquels nos sociétés se dirigent. Garden (1997) fonctionne comme un protocole métaphorique où une plante rudérale pousse au fur et à mesure de l’exposition dans un bac de pvc en se nourrissant de l’eau qui imbibe et décompose une liasse ficelée de journaux de la presse quotidienne du pays et de la région du lieu d’exposition activant la pièce. 

English

Since the early 1970s, Lois Weinberger, who literally considered himself a man of the field, undertook a poetic and political project questioning our direct environment, whether natural or reshaped by man. An ardent defender of the freedom and spontaneity of the natural element, the artist highlights the areas where nature manages to express itself in a marginal way, thereby questioning the implicit hierarchy that underlies our social order. He is particularly interested in ruderal plants, those weeds, growing where the natural vegetational cover has been disturbed by humans, that become one of the main sources of inspiration for his work. They unfold in a multitude of notes, drawings, photographs, objects, texts, films and large-scale installations in public space. Among these, Wild Cube (1991-92); a steel cage that traps spontaneous vegetation that grows without human intervention, is a masterful illustration of the symbolic power of a nature liberated from man, not without an implicit and bitterly ironic reference to the topos of the White Cube. At the same time, Lois Weinberger developed a whole work of uprooting and cross-migrating plant species from urban and rural contexts. This is how, for Dokumenta X, he planted neophyte plants from South-East Europe on 100 meters of railway line, as a metaphor, both eminently political and poetic, of the migratory processes that are shaking up our societies. His contribution was acclaimed by international critics.

Green Man (2004) is a self-portrait in which he represents his face covered with green pigment and his nostril pierced with a rose petal piercing. Adopting the topoi and archetypes of the Antique Green deities or of Rousseauist representations of Bon Sauvage, the composition resonates as an urgent invitation to rediscover a direct and simple relationship and listening to nature as possible solutions to the dead ends towards which our societies are heading. Garden (1997) functions as a metaphorical protocol where a ruderal plant grows as it is exposed in a PVC tub, feeding on the water that soaks and disintegrates a tied bundle of newspapers from the local daily press.