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Wesley Meuris

Belgique, 1977
vit et travaille à Anvers

L’une des meilleures entrées dans le travail et les recherches de Wesley Meuris est à n’en pas douter son projet FEAK (The Foundation for Exhibiting Art & Knowledge – Fondation pour l’exposition de l’art et de la connaissance – ). C’est en effet dans l’étude des stratégies communes de classification monstration et diffusion d’une œuvre et/ou de la connaissance que le travail de Meuris trouve sa force et sa cohérence. Meuris articule donc une analyse des langages formels, implicites et spatialisés que véhiculent les structures et supports de monstration et d’exposition. Le socle, la vitrine et autres vecteurs de display deviennent  des objets expressifs, « parlants » au-delà de leur apparente et feinte neutralité, pour assumer un statut d’oeuvre artistique et symbolique en soi, canalisant et formatant un contexte spécifique de développement de notre subjectivité ou sensibilité. 

Les œuvres que nous présentons ici sont tirées d’une exposition que Meuris a organisée en 2020 dans sa galerie anversoise, Annie Gentils, Verticality, qui, en quelque sorte, prolonge la réflexion engagée dans son projet Museum of the Futures (Salle des Pas Perdus, Palais de Justice, Poitiers, 2016). Son titre nous amène d’emblée à réfléchir sur le changement radical qui est en train de se produire dans notre le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure. À la quête et au regard horizontaux qui caractérisent le rapport que l’homme a entretenu avec son environnement lors de l’Age des découvertes et de la colonisation, se substitue celui vertical bottom up / top down que nous portons sur et depuis l’espace, mais aussi vers ce qui est sour la surface de notre terre ferme ou de nos océans.

Les évolutions environnementale amenées par l’anthropocène qui s’accélèrent ces dernières années accélèrent cette nécessité pour les scientifiques de développer une pensée de la verticalité à la recherche de solutions et perspectives « verticales ».

Mais est-ce toujours la bonne approche ? Ne répète-t-on pas les mêmes erreurs ? Que penser de cette fuite en avant verticale d’un progrès qui ne veut ou ne peut s’arrêter ni même envisager de se ralentir ?

Verticality II est un deuxième essai de cartographie concentrique des quelque 6000 satellites qui gravitent autour de la terre dans les différentes orbites utilisées par l’homme. Prolongeant la réflexion engagée par Meuris dans ses oeuvres antérieures, la présentation du document scientifique adopte ici les canons de présentation (encadrement, plexiglass) d’une œuvre d’art présentée dans un contexte muséal.

Les trois prints de la série Debris cartographient de façon graphique et esthétisée les conséquences déjà dommageables du regard vertical que nous portons sur les nouveaux écosystèmes de l’espace: la pollution de nos débris satellitaires précisément, une pollution qui nous est encore moins visible que celle que nous avons causée ici sur terre, et dont nous mesurons chaque jour davantage l’impact néfaste.

English

One of the best introductions to the work and research of Wesley Meuris is undoubtedly his ongoing project FEAK (The Foundation for Exhibiting Art & Knowledge). It is in fact in the study of common strategies for the classification, display and dissemination of a work and/or knowledge that Meuris’s work takes on its strength and coherence. Meuris thus articulates an analysis of the formal, implicit and spatialized languages ​​conveyed by the structures and supports for display and exhibition. The plinth, the showcase and other vectors of display become expressive objects, « speaking » beyond their apparent and feigned neutrality, to assume the status of artistic and symbolic work in their own right, channelling and shaping a specific context of development of our subjectivity or sensitivity. In other words, the contexts and the containers of art become its contents, and cause us to become aware of and to reflect on the way in which we structure and condition our way(s) of seeing.

The works that we present here are taken from an exhibition, Verticality, that Meuris organized in 2020 at his Antwerp gallery, Annie Gentils, which, in a way, continues the ideas initiated in his Museum of the Futures project (Salle des Pas Perdus, Palais de Justice, Poitiers, 2016). Its title immediately leads us to reflect on the radical change that is taking place in the way we look at the world around us. The quest and the horizontal gaze that characterized mankind’s relationship with his environment during the Age of Discovery and Colonization, is replaced by the vertical bottom-up/top-down view that we have on and from space, but also towards what is beneath the surface of our land or our oceans.

The environmental changes brought about by the anthropocene, which have become increasingly rapid in recent years, have accelerated this need for scientists to develop a thinking about verticality in search of “vertical” solutions and perspectives.

But is this still the right approach? Are we not repeating the same mistakes? What to think about this vertical headlong rush of progress that is unwilling or unable to stop or even consider slowing down?

Verticality II is a second attempt at the concentric mapping of the approximately 6,000 satellites that circle the earth in the various orbits used by humans. Continuing the reflection undertaken by Meuris in his previous works, the presentation of the scientific document here adopts the canons of presentation (framing, plexiglass) of a work of art presented in a museum context.

The three prints in the Débris series graphically and aesthetically map the already damaging consequences of the vertical gaze that we have on new space ecosystems: the pollution of our satellite debris, a pollution that is even less visible to us than the pollution we have caused here on earth, and whose harmful impact we are measuring more and more every day.