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Aleksandra Chaushova

Bulgarie, 1985
vit et travaille à Bruxelles

Éléments de réalité et fictionnels se rencontrent et se télescopent de façon récurrente dans l’univers d’Aleksandra Chaushova qui pratique et avec autant d’aisance et de virtuosité l’estampe, l’art imprimé, le dessin qu’elle mélange souvent dans ses installations. Longtemps, elle a investigué les mécanismes de formation et de déformation de notre mémoire et de notre inconscient collectif, recourant d’ailleurs souvent de façon métaphorique à des jeux de déstructuration et de rupture d’échelles.

En l’occurrence, son point de départ a été une recherche dans l’univers des brevets industriels, et plus précisément dans celui de manomètres pouvant supporter et mesurer de très hautes pressions. Utilisés dans l’univers des combustibles fossiles dont l’usage plonge précisément nos sociétés dans les crises que nous connaissons, ces manomètres nous mettent « sous pression » à de nombreux égards. C’est plus spécifiquement un brevet de manomètre de la société Armaturenbau Gmbh (ex‑Armano) qui sert ici de fond imprimé à l’installation. Fondée en 1908, Armano est l’une des plus anciennes compagnies du secteur, à l’histoire souvent trouble et mouvementée : ses propriétaires fondateurs en furent spoliés sous le régime nazi avant qu’elle prenne son nom actuel en 1948. Ces dernières décennies, elle a connu une expansion particulière vers la Russie et le Kazakhstan, avant de traverser actuellement des difficultés en raison de l’embargo vers la Russie et de la diminution du fracking et de l’exploitation du gaz de schiste aux USA. Un grand dessin au pastel, déstructurant cet instrument qui cristallise les impasses et options discutables du développement économique et énergétique de nos sociétés, se détache sur le fond imprimé du brevet. 

English

Elements of reality and fictionality recurrently meet and collide in the world of Aleksandra Chaushova, who practices, with equal fluency and virtuosity, traditional printmaking, mechanical printing, and drawing, often combining these techniques in her works. For a long time, she has investigated the mechanisms whereby our memories and our collective unconscious are formed or distorted, often through metaphorical games of deconstruction and disruption of scale.

In this case, her starting point was research into the world of industrial patents, and more specifically, that of manometers that can withstand and measure very high pressures. Used in the world of fossil fuels, the very consumption of which plunges our societies into the crises we are experiencing, these pressure gauges put us « under pressure » in many ways. More specifically, it is a pressure gauge patent from the company Armaturenbau Gmbh (ex-Armano) which is used here as the printed background for the installation. Founded in 1908, Armano is one of the oldest companies in the sector, with an often troubled and eventful history: its founding owners saw their assets seized under the Nazi regime before it took its current name in 1948. In recent decades, it has expanded particularly towards Russia and Kazakhstan, before currently experiencing difficulties due to the embargo against Russia and the decrease in fracking and the exploitation of shale gas in the USA. A large pastel drawing, deconstructing this instrument which crystallizes the dead ends and questionable options for the economic and energy development of our societies, stands out against the printed background of the patent.