08.10.2011 → 08.01.2012
Intra-murosEuropalia Brasil : Gravure extrême
Commissariat : Sergio Fingermann
L’exposition Gravure extrême proposait un vaste parcours à travers un siècle de création graphique brésilienne, des années 1930 à aujourd’hui. Réunissant près de 200 œuvres réalisées par une soixantaine d’artistes, elle explorait l’évolution de la gravure au Brésil à travers une approche thématique fondée sur les oppositions qui traversent l’imaginaire humain : lumière et obscurité, jour et nuit, vie et mort. Organisée en quatre ensembles – Trames de la nuit ; Nuits particulières ; Autres ombres ; et autres nuits et La nuit de quelques-uns –, l’exposition dessinait une cartographie originale de la culture graphique brésilienne et de ses multiples transformations.
Le parcours mettait en évidence la singularité d’une tradition artistique qui s’est développée à la croisée d’influences internationales et de préoccupations profondément ancrées dans la réalité sociale du pays. Dès ses origines, la gravure brésilienne s’est construite en dialogue avec les grands courants de la modernité, de l’expressionnisme allemand au symbolisme, en passant par le cubisme, le surréalisme et l’abstraction. Tout en s’ouvrant aux échanges internationaux, elle a conservé une forte capacité à traduire les tensions, les aspirations et les contradictions de la société brésilienne.
L’exposition soulignait également le rôle particulier de la gravure dans le paysage artistique. Par la nature même de ses techniques, qui favorisent le partage des outils, des ateliers et des savoir-faire, ce médium a constitué un espace privilégié d’échange, de réflexion et d’expérimentation. Cette dimension collective a nourri une création souvent marquée par un engagement social et politique affirmé, particulièrement sensible dans les périodes de bouleversements historiques.
À travers les œuvres d’artistes de différentes générations et issus de diverses régions du Brésil, Gravure extrême donnait à voir la richesse des langages graphiques développés au fil du temps. Les variations de formats, de supports et de techniques témoignaient de la vitalité d’un médium en constante réinvention. Les rapprochements entre les œuvres permettaient d’observer les continuités, les ruptures et les influences qui ont façonné cette histoire visuelle.
En offrant ces lectures croisées, l’exposition révélait une culture en mouvement, fondée sur l’expérimentation, la transmission et un profond humanisme. Elle invitait à découvrir un regard nuancé et exigeant sur le Brésil à travers l’une de ses expressions artistiques les plus fécondes.
Avec les œuvres de :
Lívio Abramo, Paula Almozara, Maciej Babinski, Edith Behring, Lena Bergstein, Ernesto Bonato, Maria Bonomi, Adir Botelho, Elisa Bracher, Marco Buti, Iberê Camargo, Claudio Caropreso, Newton Cavalcanti, Edith Derdyk, Antonio Dias, Sérvulo Esmeraldo, Sergio Fingermann, Alex Flemming, Helena Freddi, Alex Gama, Anna Bela Geiger, Rubens Gerchman, Osvaldo Goeldi, Sheila Goloborotko, Marcello Grassmann, Carmela Gross, Rubem Grilo, Evandro Carlos Jardim, Jacques Jesion, Renina Katz, Feres Khoury, Frans Krajcberg, Poty Lazzarotto, Anna Letycia, Fabrício Lopes, Roberto Magalhães, Anna Maria Maiolino, A Francisco Maringelli, Alberto Martins, Carlos Martins, Rubens Matuck, Silvia Mecozzi, Cildo Meirelles, Teresa Miranda, Cláudio Mubarac, Fayga Ostrower, Paulo Camilo Penna, Rossini Perez, Marcio Périgo, Artur Luis Piza, Julio Plaza, Isabel Pons, Flávia Ribeiro, Ubirajara Ribeiro, Gilvan Samico, Laurita Salles, Lasar Segall, Regina Silveira, Darel Valença Lins, Carlos Vergara, Fernando Vilela, Luise Weiss