Un mois une estampe

Jean Coulon

Bateau I

1987

Burin, 35/40
Dimensions du papier : 64 x 49,3 cm
Collection Centre de la Gravure
Numéro d’inventaire : OE9063

 

HOMMAGE À JEAN COULON (1947-2020)

En mémoire de Jean Coulon, l’équipe du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée a choisi d’exposer l’œuvre intitulée Bateau I. Cette gravure au burin, caractéristique du travail de l’artiste, représente une ville imaginaire largement peuplée dans laquelle semble régner une joyeuse cacophonie. Surplombée par un grand voilier, la dense mégapole, aux architectures originales et complexes, prend l’allure d’une invitation au voyage… Jean Coulon, animé par un souci du détail que traduit une utilisation précise du burin, rend minutieusement l’enchevêtrement de toits, de fenêtres, d’échafaudages, de tuyaux et de végétations luxuriantes. Se dégage de cette vue une impression d’immensité, renforcée par la perspective cavalière. Noir et blanc s’alternent harmonieusement ménageant des espaces d’ombres et de clartés dans la composition.

Né à Bruxelles en 1947, Jean Coulon a étudié la gravure à l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre, dans l’atelier de Gustave Marchoul. Fin dessinateur et graveur, il pratiquait également la typographie artisanale dans le domaine de l’édition à tirages limités. Bien que spécialisé dans la gravure au burin, Jean Coulon gravait aussi le bois ou le cuivre à la pointe sèche ou à la roulette, privilégiant tous les procédés sans acide. Ses estampes sont de véritables pièces de virtuosité: doué d’une dextérité extraordinaire, Coulon nous transporte dans de riches univers où l’humour se joint à l’imagination. Depuis 1980, l’artiste exerçait en outre des activités de musicien et de comédien. La musique faisait d’ailleurs partie, avec les villes foisonnantes et les voiliers, de ses thèmes de prédilection.

Le travail de Coulon a été récompensé à plusieurs reprises, notamment en 1993 avec le second Prix Trace Idémédia-Crémone à Paris. Ses œuvres sont conservées dans de nombreuses collections publiques et privées dont celle du Centre de la Gravure. À La Louvière, celles-ci ont été présentées dans deux grandes expositions : Résonances (2005) sur le thème de la musique et Le Rêve habité (2007) autour des architectures utopiques. Passionné et généreux, l’artiste avait fait don à plusieurs reprises de ses gravures à notre musée.