Un mois une estampe

Pierre Caille

Cinq insectes roses

non daté

Eau-forte, EA
Dimensions du papier : 33 x 50.5 cm
Collection Centre de la Gravure
Numéro d’inventaire : OE4270

Né à Tournai en 1911 et mort à Linkebeek en 1996, Pierre Caille grandit dans un milieu d’intellectuels et d’artistes imprégnés de l’esprit du 19ème siècle. Très tôt cependant, il est séduit par ce qui relève de l’imaginaire, à commencer par l’atelier de son oncle, artiste-peintre, qui regorge de curiosités. Après un bref séjour à l’Académie de sa ville natale, il fréquente l’École nationale d’Architecture et des Arts décoratifs à Bruxelles. En 1935, Caille s’oriente vers la céramique sous l’impulsion d’Henry Van de Velde (alors directeur de La Cambre) qui le met en contact avec la faïencerie Boch Frères à La Louvière. Plus de 10 ans plus tard, de 1949 à 1976, il dirigera l’atelier de céramique de La Cambre. Citons, parmi d’autres réalisations, le Prix du Hainaut reçu en 1954, sa participation à la Biennale de Venise en 1962 et, enfin, son installation à la station Botanique du métro de Bruxelles datée de 1980.

Influencé notamment par l’Extrême-Orient, le folklore et l’art primitif, Caille développe un univers singulier, peuplé de personnages et d’animaux, où le merveilleux tient une place prépondérante. Dans son article Pierre Caille, ici et là, Philippe Roberts-Jones conclut à une « familiarité de l’étrange ». Il y a, il est vrai, chez l’artiste quelque chose de l’ordre de l’intemporel que l’on apprivoise facilement. Si Caille a travaillé différentes techniques, il réalise ses premières estampes à la fin des années 60, en collaboration avec l’imprimeur Robert Kayser. Celui-ci retenait notamment de ces échanges avec l’artiste le goût pour l’expérimentation qui l’éloignait souvent des techniques traditionnelles.

Intitulée Cinq insectes roses, la présente eau-forte nous propose une plongée dans l’univers merveilleux de Pierre Caille, en l’occurrence dans le monde des insectes dont il peuple certaines de ses images à partir des années 50. Sur un fond rose vif, se distinguent cinq insectes bizarres, plutôt fantaisistes et pleins d’humour. Cette œuvre a été acquise par le Centre de la Gravure dans le cadre d’une importante donation de l’artiste qui faisait suite à son exposition personnelle au musée en 1996. Actuellement, les collections comptent 50 pièces de ce créateur insatiable qui diversifia son œuvre tant par ses recherches que par ses moyens d’expression.

Je ne suis pas celui qui mène le cortège avec le drapeau en tête mais plutôt celui qui est en queue de peloton pour le plaisir d’être ailleurs, en faisant quelques cabrioles assez vaines pour me moquer de moi-même, pour être un peu seul. 

— Pierre Caille