Un mois une estampe

EVOL (°1970)

Blockprint 01

Année de création : 2010

Sérigraphie, 63/100  -  Supalife Edition  -  Dimensions : 70 x 99,5 cm  -  Collection du Centre de la Gravure  -  Numéro d’inventaire : OE7147


 

Evol (Tore Rinkveld), né à Heilbronn en 1970, est un artiste de street art qui vit et travaille à Berlin, dans le quartier de Friedrichshain. Il a étudié le design au Kuopio Academy of Arts and Crafts en Finlande en 2000 ainsi qu'à la HfG Schwäbisch Gmünden en Allemagne en 2012. Plus connu pour ses travaux au pochoir, intervenant directement sur l'espace urbain, il transforme boitiers électriques, blocs, boites aux lettres etc. pour les intégrer au paysage citadin. Ces formes cubiques ou surfaces planes se voient ainsi transformées en façades d'immeubles extrêmement détaillées (stores, rideaux, paraboles, …) dont l’humain est, à première vue, absent.

Au-delà de l’aspect esthétique, ses interventions sont pour l’artiste le moyen d’attirer l’attention des habitants sur leur environnement. Visibles à Berlin, Londres ou encore Stavanger (Norvège), ces nouvelles architectures posent, en effet, la question de l’urbanisme et de l’homogénéisation du paysage urbain. L’artiste s’attarde sur les aspects négligés de la société urbaine, mettant l'accent sur des phénomènes tels que l’embourgeoisement de certains quartiers poussant les populations pauvres à déménager. Evol utilise également le carton comme support d’installation lors d’expositions. Il en apprécie particulièrement la couleur, qui rappelle les façades défraîchies de certains immeubles, et intègre les déchirures, les morceaux de papier collant et les écritures à ses compositions.

L’exposition intitulée Vues sur Murs, L’imprimé dans l’art urbain présentée au Centre de la Gravure en 2012 avait été l’occasion pour Evol de réinterpréter l’espace urbain au sein même d’un espace muséal. Sur des colonnes de béton, toujours visibles au second niveau du musée, l’artiste avait fait apparaître, comme à son habitude, des fenêtres aux détails minutieux, réalisées en plusieurs couches par pochoirs. L’ensemble des colonnes ainsi taguées ne manquaient pas d’évoquer les gratte-ciels que l’on connaît. La présente sérigraphie, quant à elle, figure également des immeubles qui, par un jeu de superpositions, semblent prêt à s’effondrer.