Un mois une estampe

Louise Bourgeois (Paris, 1911 – New York, 2010)

Jitterburg

Année de création : 1998

Lithographie, « S I 1 »  -  Dimensions : 46 x 61 cm  -  Collection Ville de La Louvière  -  Numéro d’inventaire : OE0958


 

Louise Bourgeois est née dans une famille de restaurateurs et négociants en tapisseries qui, à la fin de la Première Guerre mondiale, s’installe sur les rives de la Bièvre, dans leur nouvelle maison-atelier. À cette époque, son père introduit sa maitresse dans le cercle familial. Elle partagera leur vie durant une dizaine d’années. Cette situation sera, pour la jeune Louise, une cause de souffrance mais aussi une source inépuisable d’inspiration pour son art. Après avoir commencé des études de mathématiques à la Sorbonne, elle suit des cours à l’Académie des Beaux-Arts, aux Académies Ranson, Julian, Colarossi et à la Grande Chaumière avant de s’installer, fin 1938, aux États-Unis avec son époux, l’historien d’art Robert Goldwater.

Dessins et gravures constituent un domaine à part dans l’œuvre de Louise Bourgeois qui choisit, à la fin des années 40, de se consacrer essentiellement à la sculpture. L’apprentissage de l’art de l’estampe par l’artiste se fait dans le prestigieux Atelier 17 à New York que fréquentèrent tant les surréalistes que les représentants de la jeune abstraction américaine. Depuis lors, elle explore cette technique sous toutes ses formes, attirée par la résistance du matériau. Intrinsèquement lié à la gravure, le temps y est partout présent. Néanmoins, son œuvre gravé partage également de nombreux thèmes avec la sculpture. L’une et l’autre peuvent, en effet, se lire comme un journal intime parsemé de symboles.

Beaucoup de travaux de Louise Bourgeois figurent l'araignée et sa toile fragile, portrait symbolique de la mère de l'artiste. L’allusion à l'activité de restauratrice de tapisseries est évidente. Elle renvoie aussi à la patience de l'araignée tissant et retissant sa toile déchirée. L'histoire familiale s'impose au travers de cette métaphore. Pour sa lithographie Jitterburg, Louise Bourgeois choisit comme toile de fond une page traversée de portées où elle fait évoluer deux araignées complices, figurant l’artiste elle-même aux côtés de sa mère.

« Ma mère était ma meilleure amie... réfléchie, intelligente, patiente, apaisante, raisonnable, délicate, subtile, indispensable, propre et de bon conseil comme une araignée » L. Bourgeois