Artiste

Daniel

Pommereulle

France, 1937 – 2003

Peintre, sculpteur, cinéaste, poète, comédien

Daniel Pommereulle est né le 15 avril 1937 à Sceaux (Hauts-de-Seine) et mort le 30 décembre 2003 à Paris.

Ayant décidé de se consacrer à la peinture, Daniel Pommereulle fut interrompu dans cette activité par la guerre d’Algérie, où il a été envoyé en 195; il en revint révolté.
Après avoir peint quelques tableaux ironiques à l’égard du pop art, il a entrepris dès 1962 une série d’assemblages d’objets dont le but était de provoquer le regardeur à la redécouverte du sens caché des apparences : Objet hors saisie, L’En-dedans pris, ... Ces ‘Victoires’ seront la principale révélation, en 1965, de l’exposition des ‘Objecteurs’, organisée par Alain Jouffroy, et qui comprenait également les ‘psycho-objets’ de Jean-Pierre Raynaud et des ‘tableaux-pièges’ de Daniel Spoerri.
Les assemblages qu’il réalise par la suite préfigurent l’Art pauvre.
Il participera activement à mai 68, où il édite un tract ‘A la violence’.

Associé aux ‘Objecteurs’ définis par Alain Jouffroy, il a exploré, dans ses peintures, ses dessins, ses sculptures ou assemblages, la notion de cruauté et de violence et a travaillé les effets de transparence.

En 1967, il délaisse temporairement les objets pour le cinéma, puis s’absente de la scène parisienne après mai 68 (voyages au Maroc, aux Etats-Unis, dans le sud-ouest asiatique, ...).
De retour à Paris, il passe progressivement des objets à la sculpture, y compris monumentale.

Expérimentateur, il est par la suite l’un des premiers en France à travailler le verre atomique.
Il a en outre prolongé son vocabulaire mental et graphique par l’usage du pastel et du dessin, comme par la réalisation d’estampes.

Au seuil du vide, Daniel Pommereulle s’est installé dans l’instable, à la fois physiquement et mentalement. Bien avant l’avènement d’une ‘esthétique relationnelle’, il a ouvert la voie à cette nouvelle perception du monde, faite, pour ce qui le concerne, d’hypersensibilité et de douleur.


Michael Woolworth et Franck Bordas on passé beaucoup de temps avec lui en 1981 sur ‘Au voleur’, une suite extravagante de 11 lithographies réunies dans un livre-objet en miroirs. Cet hommage au peintre Odilon Redon la mort en train de se regarder.