Un mois une estampe

Chaque mois, une estampe faisant partie de notre collection est mise en lumière. Elle fait l'objet également d'un accrochage au Centre de la Gravure et d'un feuillet disponible à notre comptoir-boutique. Ce mois-ci :

BLANCBEC [ Bruxelles 1976 ]

Schieven architek

Année de création : 2016

Sériraphie, 22/25  -  Editeur : ART-Gallery.be, Meulebeke  -  Dimensions du papier : 69,5 x 49,7 cm  -  Collection du Centre de la Gravure, don d’ART-Gallery.be en 2016  -  Numéro d’inventaire : OE 8174  


 

Né à Bruxelles en 1976, Sébastian Eeckhaut, dit Blancbec, est un artiste autodidacte. Après avoir passé dix ans au sein du mouvement graffiti sous le pseudonyme de VEKS, il oriente son travail vers de nouvelles démarches. Il développe alors ses premières toiles peuplées d’écritures géométriques toujours inspirées par le graffiti. À Barcelone en 2002, il découvre le collage d’affiches peintes à la main. La technique l’attire car cette pratique lui permet d’allier un travail d'atelier à une activité urbaine. Les écritures géométriques de départ se transforment progressivement en personnages. C’est alors qu’apparaît l'oiseau, élément récurrent qui est devenu emblématique de son œuvre. Provisoirement, les toiles sont mises de côté pour laisser la place au papier. Début 2003, les nouvelles affiches de l'oiseau apparaissent sur les murs de la ville. Ce sont les premières de ce genre à Bruxelles. L'oiseau et l'artiste se feront appeler Blancbec, surnom choisi par dérision pour souligner le côté primesautier du créateur face à l’aspect affirmé de l’oiseau. Sa construction géométrique propre rend son style reconnaissable.

Le titre fait allusion au surnom donné à l’architecte du Palais de Justice de Bruxelles, Joseph Poelaert (1817-1879), par les habitants du quartier des Marolles. Commencé en 1866 sous le règne de Léopold Ier, cet édifice imposant fut inauguré en 1883. Dernière œuvre de Poelaert, il était censé résumer l'idéologie de la première génération des fondateurs de la Belgique, axée sur le droit et la défense des libertés. L’impressionnante construction se dresse à la frontière du quartier le plus populaire de Bruxelles, les Marolles. Les habitants, perplexes, imaginèrent une nouvelle insulte destinée à Poelaert, « schieven architek », qui peut se traduite en dialecte bruxellois par« architecte de guingois ».