Un mois une estampe

Chaque mois, une estampe faisant partie de notre collection est mise en lumière. Elle fait l'objet également d'un accrochage au Centre de la Gravure et d'un feuillet disponible à notre comptoir-boutique. Ce mois-ci :

Philippe COGNÉE [ Nantes (France) 1957 ]

"Container"

Année de création : 1996

Sérigraphie sur Arches, 79/100  -  Editeur : Association française d’Action artistique (AFAA), Paris  -  Imprimeur : Association des créateurs lithographes, Paris  -  Numéro d’inventaire : PF64/1-40/7  -  Dimensions du papier : 57 x 76,5 cm  -  Dimensions de l’impression : 48 x 65,5 cm  -  Donation de l’AFAA en 1997


 

Estampe issue d’un recueil collectif tiré à 100 exemplaires et intitulé «Heureux le visionnaire dont la seule arme est le stylet du graveur... ». L’ensemble résulte d’une commande publique lancée par l’Etat français en 1996 afin de promouvoir 30 ateliers d’imprimeurs et de soutenir la relance du marché de l’estampe en France.

Né en 1957 à Nantes où il vit et travaille, Philippe Cognée a enseigné à l’École des Beaux-arts d’Angers avant d’être nommé en 2005 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il a vécu au Bénin jusqu'à l'âge de 17 ans et ses premiers travaux sont imprégnés par son expérience de l’Afrique. Après un séjour d’un an à la villa Médicis à Rome, en 1991, il opère un changement radical dans son travail pour s’inspirer de l'univers qui l'entoure. De retour dans la banlieue nantaise, entre les champs, l'autoroute et les grandes surfaces, il exploite cette anarchie visuelle. Au même moment, conformément à son goût pour la matérialité, il élabore une technique picturale singulière. Il utilise une peinture à l'encaustique faite de cire d'abeille et de pigments de couleur pour reproduire les images choisies. Il dispose cette peinture au pinceau sur la toile, puis recouvre celle-ci d'un film plastique sur lequel un fer à repasser chauffe la cire pour la liquéfier, étalant et déformant les formes, ce qui a pour effet de créer un enfouissement trouble du sujet dans la matière. Il transcende ainsi la banalité quotidienne, rendue floue et mystérieuse. Il ne peint pas sur le motif mais d'après la photographie d'une image préalablement filmée avec une caméra vidéo en tournant autour du sujet. Cette technique convient bien aux représentations de containers que l’artiste a introduits abondamment dans son répertoire dès 1995. La société de consommation et plus spécifiquement les supermarchés et les abattoirs sont devenus des thèmes récurrents dans son œuvre après 2000. Plus récemment, les clichés par satellite diffusés sur Internet lui ont fait découvrir de nouvelles ressources, lui permettant de travailler sur les particularismes architecturaux du monde entier depuis son atelier.