Exposition passée

CONCOURS D’IMAGES NUMÉRIQUES POUR JEUNES DE 15 À 25 ANS

Miroir, mon beau miroir - De l’autoportrait au Selfie - les lauréats

Le besoin d’immortaliser sa propre image est aussi vieux que le monde.
En ce début de XXIème siècle, apparaît le «Selfie»:

“Le Selfie est une photographie que la personne a prise d’elle-même, généralement avec un téléphone portable ou un smartphone, et téléchargée sur un réseau social.”

Concours et exposition réalisés avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles


 

15 - 18 ans

1er PRIX : Bessad Noémie - 5è ART- Institut Marie Thérèse à Liège - Rester seul

45% des jeunes d'aujourd'hui subissent la solitude. Pourtant ils sourient, rigolent et on l'air heureux. Mais ils se cachent derrière leurs sentiments pour ne pas avoir face aux "ça va ?".
C'est un thème qui me touche. J'ai voulu à travers mes photos montrer que ce n'est pas facile de se sentir seul. Je me suis mise en avant plan avec un visage neutre et un décor flou pour montrer que quand on se sent seul on croit vraiment que le monde avance et que nous nous restons sur place. Malgré ça, ces personnes ont énormément de courage. Comme a dit Gandhi "Il est facile de se tenir avec la foule. Il faut du courage pour rester seul ".

2ème PRIX : Alkan Atay - 5è arts plastiques Institut Marie Thérèse à Liège - Respect, liberté, religion
Au 21ème siècle, les guerres de religion ne peuvent plus exister. Malgré nos différences religieuses, nous pouvons cohabiter ensemble. Mes images ont pour objectif de susciter différentes réflexions sur ce thème d'actualité.

3ème PRIX ex-aequo : Marot Shelly. 5è arts plastiques Institut Marie Thérèse à Liège - Trois en un
Regarde à gauche, vas-y, regarde. Maintenant regarde à droite. Tu ne nous vois pas ? Essaye encore. Tu n'es pas fou tu sais ? Enfin, peut être pas. C'est n'est pas de ta faute. Pourquoi ne serions-nous pas réels ? Tu nous entends pourtant. Arrête de lutter. On ne partira pas. On restera ici aussi longtemps que toi. Pourquoi ne chercherais-tu pas les vrais coupables ? Au lieu de rejeter la faute sur nous. Nous n'avons pas demandé à être bloqué ici. Il faut t'y faire. Parce que tu les crois toi ? Tu penses vraiment que des médicaments et un peu d'amour nous ferons partir ? Puis de l'amour, qui va t'en donner ? Ta mère ? Ton père ? Non mais es-tu con à ce point ?! S’ils avaient été là, nous ne le serions peut-être pas. Pourquoi crois-tu qu'ils t'ont mis ici ? Par amour ? Ben vas-y, regarde autour de toi ! Tu en vois quelque part de l'amour toi ? Non. Juste des murs blancs. Ils t'ont privé de tout. Tu n'es plus qu'un numéro sur une liste d'hôpital. Même notre liberté de penser ils veulent la prendre. Nous séparer. Tu crois que tu seras heureux sans nous? Non, tu n'es rien sans nous.

3ème PRIX ex-aequo : Dandoy Marius - Formation artistique à Saint-Luc Bruxelles (secondaire)  - Baghead - Butthead - Patchself
Le selfie est une image de soi que l'on choisi de donner aux autres, et ce même lorsqu'on montre une image qui nous représente. Cette image aura beau être fidèle au maximum, elle sera toujours une image délibérée et ne sera jamais sincère, même quand elle semble l'être.


19-25 ans 

1er PRIX Ex-aequo : Lequin Côme - Etudiant à La Cambre en Reliure, Design du Livre et du Papier 
Le selfie, largement diffusé sur internet est une manière de se montrer aux yeux des autres.
Cette nouvelle tendance pour les selfies, je pense, s’explique en partie par l’assistanat du monde numérique que nous vivons : nos portables deviennent appareils photos et se connectent à internet.
Notre société est imprégnée d’images. Ce développement visuel a débuté petit à petit avec l’imprimerie, la photographie, le cinéma, et aujourd’hui le numérique. Si mes parents ont évolué dans un monde nourri par les lettres et la lecture, j’ai grandi dans un monde visuel. Dans la rue avec les panneaux publicitaires, au travail avec l’ordinateur, ou à la maison avec la télévision ou le portable…l’image est partout autour de nous.
Mon projet à démarré par la collecte d’images. J’ai choisi non pas des images d’Internet, mais des documents de mes propres archives. J’ai collecté tout les documents d’identité m’appartenant ou m’ayant appartenu. J’ai ensuite choisi d’en isoler les photos, ce qui a constitué ma base de travail.L’utilisation de mes photos d’identité me présente sous un jour que j’aurais parfois préféré ne pas montrer. Ce genre de photo est prise bien souvent dans un photo-maton, avant d’aller faire une carte d’identité par exemple. On entre dans la cabine, et on se voit en miroir dans l’écran en face de nous… Ma réaction est bien souvent de vouloir sourire, j’espère me présenter sous mon meilleur jour, mais un léger malaise se fait ressentir une fois l’image tirée. Le contexte et le lieu particulier de la cabine photographique me place dans une position troublante : je suis assis sur un tabouret et à demi caché par un rideau. 
Le cadrage sur le visage et les épaules, le fond blanc, l’éclairage, et la proximité de l’appareil en font aussi un outil particulier. Après plusieurs clichés qui m’ont laissé parfois insatisfait, une planche photo sort de la machine. Ces photos serviront tout de même à ma carte d’identité puisque le but n’est ici non pas d’avoir une photographie esthétique selon mon jugement mais d’obtenir une photo conforme pour mon document d’identité.
Dans ce projet je déplace mes photos et leur donne une autre fonction, esthétique cette fois. Les dénaturations et les déplacements qui y sont intervenus m’intéressent. Les interventions de toute sorte comme le délavage, la numérisation, la plastification, l’agrafage… expriment déjà la vie de ces images.
Par l’utilisation de différents outils numériques et manuels, j’interroge la technique et la perte d’information engendrée par le passage, cette perte d’image introduit matière et poésie là où il n’y avait que convention administrative.
Comme pour les selfies qui sont très vite diffusés sur les réseaux sociaux, puis sous le nombres, d’autres selfies suivant se voient oubliés, et totalement effacés, j’efface ici ma propre image avec de multiples opérations numériques.
De cette abondance d’images, rien ne reste en mémoire, ou presque rien, dans mon projet, l’image est effacée mais quelque chose d’autre se passe. Je ne donne pas à voir uniquement les restes d’une mémoire visuelle mais une nouvelle image abstraite.

1er PRIX ex-aequo : Herman Axel - Publicité/graphisme à l’ Académie Royale des Beaux-Arts de Liège  - Thanks to you, now we know

Mention du jury : Flévaris E. - Académie des Beaux-Arts Alphonse Darville à Charleroi
On peut se demander si à force d’exposer impunément sa vie aux autres, sans qu’elle prenne vraiment d’importance, comme dans le cadre des « selfies », on ne se tournait pas plutôt vers des photos desquelles le visage serait absent, et où l’instant saisi par la photo prendrait plus d’importance que celui qui la prend ?
Le selfie porte en elle les marques d’une société tournée vers l’information instantanée, où l’on expose pour les autres sa propre image, le tout porté par un besoin de reconnaissance qui, somme toute, n’est que passager. Un surplus d’exposition conduit immanquablement à une perte de l’intimité, qu’on voudra sûrement retrouver. Je propose donc une autre vision du selfie ou photo de soi dans lequel l'identité et notre besoin de reconnaissance et d'approbation ne seront pas aussi importants que dans notre temps présent.

Tumblr Museum of selfies

La consécration du selfie - Une histoire culturelle par André Gunthert

AUTOPORTRAITS, DE REMBRANDT AU SELFIE au Musée des Beaux-Arts de Lyon du 25 mars au 25 juin 2016