Artiste

Jean

Bilquin

Belgique, 1938

Peintre, graveur, dessinateur, sculpteur

Né à Gand en 1938, Jean Bilquin a suivi une formation de graphisme, et a également étudié à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Gand. Il vit et travaille actuellement à Drongen (Gand). De 1979 à 2002, il a enseigné la peinture à l’Académie de Gand.
L’exposition de 1987 au célèbre et internationalement reconnu ICC (Centre culturel international) d’Anvers, avec un texte de catalogue de Willem Elias, fut déterminante pour Bilquin et initia un tournant dans son œuvre.

En 1999 fut organisée une grande exposition rétrospective de son œuvre à l’ancien Musée provincial d’Art moderne d’Ostende. La brillante monographie qui l’accompagnait contenait des textes du conservateur principal Willy Van den Bussche, des professeurs Willem Elias (VUB) et Freddy Decreus (Université de Gand), et de Katrien Noblesse. Une importante exposition en solo eut lieu en 2003 à Gand au Caermersklooster restauré. Le catalogue reprenait une approche académique par les professeurs Karel Boullart (Université de Gand) et Freddy Decreus, et une analyse en histoire de l’art par Marc Ruyters. En 2006, il y eut une participation remarquée au projet Beaufort, à Zeebruges, avec une grande et impressionnante sculpture, « De man die de boot zag, in de lucht » (L’homme qui vit le bateau, dans le ciel).

En 2008, cette remarquable série d’exposition fut complétée par une nouvelle exposition rétrospective au Kunsthal Sint-Pietersabdij à Gand. Le livre qui fut publié à cette occasion rassemblait des textes de Willy Van den Bussche et des professeurs Willem Elias et Peter De Graeve (Université d’Anvers). Cette exposition était conçue autour de huit grands thèmes qui sont présents dans l’œuvre de Jean Bilquin : les bateaux, l’homme et l’animal, Sisyphe ou le fardeau, Orphée, l’approche, le paradis et le ciel, la mère et l’enfant, et enfin, le pas.

Une lecture attentive des essais publiés au sujet de l’artiste révèle une possibilité d’interprétation multiple, une pluralité de sens qui rejoint ce qu’Umberto Eco a appelé « l’Œuvre ouverte ». Certains auteurs font référence à l’alchimie, visant en particulier son usage très personnel des pigments de couleurs, tandis que d’autres parlent du cosmos et de principes issus de la mythologie. Les historiens de l’art ont situé Bilquin par rapport à l’art italien en général et à la Transavanguardia en particulier. Il est clair que toutes les références penchent vers l’ordre de l’esprit, la contemplation, la dynamique. Jean Bilquin est décrit comme un nomade artistique : fébrile et passionné. On pourrait le qualifier, en paraphrasant le philosophe français Gilles Deleuze, d’artiste nomade.

En effet, cet artiste travaille avec un esprit ouvert. Il n’entend créer, par ses œuvres, aucune distance. L’œuvre de Jean Bilquin suscite un sentiment complet d’harmonie, où la nature et le cosmos constituent le point de départ et servent d’étalon. En tant que plasticien, Jean Bilquin n’est pas du genre à cultiver « l’art pour l’art ». C’est avec amour qu’il manie la peinture acrylique, les pigments et les liants sur la toile, l’encre, le crayon, le fusain et les pastels sur le papier, et qu’il conçoit ses sculptures en plâtre avant de les transformer en bronze. Ce qu’il peint, dessine et sculpte, ce sont ses propres émotions. Il transforme l’énergie en matière.

Dans sa période récente, les personnages sont réduits à de fines silhouettes dans un espace spirituel à peu près vide. L’artiste tente de donner à ses œuvres une sensation métaphysique. On remarque également que ces dernières années, le caractère bidimensionnel de la toile ou du papier est enrichi d’une série de magnifiques sculptures ou installations en plâtre, en béton ou en bronze. Mais toujours, Jean Bilquin situera ses personnages entre les extrêmes : ciel et terre, vie et mort, intérieur et extérieur.



Ernest Van Buynder,
Ernest Van Buynder, président du MuHKA
octobre 2009

17 œuvres

dans la collection